Vers une chirurgie de précision pour les épilepsies focales et généralisées grâce à la cartographie des réseaux
2025-2026
LE CONTEXTE
L’épilepsie est la condition neurologique chronique la plus répandue dans le monde, touchant environ 65 millions de personnes, dont près de 300 000 au Canada et 120 000 au Québec. Elle se manifeste surtout tôt dans la vie : jusqu’à 85% des cas sont diagnostiqués avant l’âge adulte.
Chez les enfants, l’épilepsie entraîne un absentéisme scolaire chronique, causé par les crises, les effets secondaires de la médication, les rendez-vous médicaux et la stigmatisation. Cet absentéisme compromet la réussite scolaire et augmente les risques de difficultés sociales durables, de précarité socioéconomique, de problèmes de santé mentale et physique, et d’une espérance de vie réduite.
Les médicaments sont le traitement le plus souvent utilisé afin de diminuer les crises d’épilepsie. Malgré les progrès des traitements pharmacologiques, un tiers des enfants restent pharmacorésistants, un taux qui n’a pas diminué depuis plus de 50 ans.
Lorsque les médicaments ne suffisent pas, la chirurgie de l’épilepsie représente une option pour certains enfants. Les données démontrent que les interventions chirurgicales offrent de meilleurs résultats seuls pour les épilepsies focales, régionales ou hémisphériques. Toutefois, cette approche n’est pas sans limites : jusqu’à 50 % des enfants opérés présentent une rechute, et certains ne constatent pas de diminution notable de leurs crises. De plus, la chirurgie comporte des risques cognitifs et neurologiques parfois imprévisibles. Une planification insuffisamment précise peut mener à une intervention trop limitée, provoquant des séquelles évitables.
Malgré son potentiel, le traitement chirurgical reste donc imprécis. De plus, les effets de ces interventions sur la qualité de vie et le fonctionnement global de l’enfant sont peu documentés. Étant donné la prévalence élevée de l’épilepsie chez les enfants au Canada, il est urgent de développer une stratégie chirurgicale plus ciblée, efficace et centrée sur le mieux-être de l’enfant.
LE PROJET
Ce projet vise à améliorer la vie des enfants atteints d’épilepsie résistante aux médicaments en optimisant le traitement chirurgical. À l’aide de techniques de neuroimagerie de pointe, les réseaux précis du cerveau à moduler seront identifiés afin de mieux contrôler les crises. À long terme, ces avancées amélioreront la qualité de vie, le bien-être et la fréquentation scolaire de milliers d’enfants canadiens.
L’hypothèse est que l’efficacité du traitement chirurgical repose non seulement sur la localisation de la lésion épileptique et du type de chirurgie, mais également sur les réseaux cérébraux modulés par l’intervention. Une meilleure compréhension de ces réseaux permettra de prédire les résultats post-opératoires et d’orienter les décisions cliniques vers des traitements plus ciblés et centrés sur l’enfant.
LES OBJECTIFS
- Cartographier les réseaux cérébraux avant et après la chirurgie de l’épilepsie, afin d’identifier les changements induits par l’intervention en fonction de la localisation de la lésion et du type de chirurgie ;
- Examiner les associations entre les changements dans les réseaux cérébraux post-chirurgicaux et les indicateurs de qualité de vie, bien-être, fréquentation scolaire et de fonctionnement cognitif ;
- Développer des modèles prédictifs des résultats post-chirurgicaux, afin d’orienter les décisions cliniques et de personnaliser les soins.
Pour atteindre ces objectifs, les données de 100 enfants atteints d’épilepsie du CHU Sainte-Justine et du CIUSSS de l’Estrie – CHUS seront analysées. Chaque enfant à une IRM pré- et post-opératoire, permettant l’analyse des changements dans les réseaux cérébraux induits par l’intervention. De plus, des questionnaires remplis par les proches aidants avant la chirurgie, puis à 6 et 12 mois après l’intervention, seront considérés.
IMPACT POTENTIEL SUR LA SANTÉ DES ENFANTS
Ce projet propose une approche novatrice pour personnaliser les interventions chirurgicales en épilepsie pédiatrique, en intégrant une compréhension des réseaux cérébraux modulés par la chirurgie. Ces avancées amélioreront la santé de milliers d’enfants canadiens en :
1) optimisant les plans chirurgicaux selon le profil neurofonctionnel de chaque enfant ;
2) prédisant les trajectoires cliniques, cognitives et psychosociales post-opératoires pour mieux guider les décisions cliniques ;
3) réduisant les hospitalisations, les complications et les impacts à long terme sur le développement. Cette approche favorisera une meilleure intégration scolaire, sociale et familiale.
Informations
Chercheur.se principal.e
- Dr Alexander Weil, département de neurochirurgie pédiatrique, CHU Sainte- Justine
- Pre Sara Larivière, département de neuroscience, CHU de Sherbrooke
Collaborateur.trices
- Co-investigateur : Dr Aristides Hadjinicolaou, département de neuroscience, CHU Sainte-Justine - Université de Montréal
- Dr Christian Iorio-Morin, CHUS Fleurimont - Université de Sherbrooke
- Dr Louis Crevier, CHU de Québec – Université Laval
- Dr Roy W. Dudley, Institut-hôpital neurologique de Montréal, Université McGill
- Dre Laurence Martineau, CHU de Québec – Université Laval
- Dre Paule Lessard-Bonaventure, CHU de Québec – Université Laval
- Pr Boris Bernhardt, Institut-hôpital neurologique de Montréal, Université McGill
- Pr David Dufresne, CHUS Fleurimont - Université de Sherbrooke
- Pr Jean-François Lepage, CHUS Fleurimont - Université de Sherbrooke
- Pre Félixe Pelletier, CHUS Fleurimont - Université de Sherbrooke
Centre de recherche
- Centre de recherche du CHU de Sherbrooke
- Centre de recherche du CHU Sainte-Justine
Année
2025-2026
Axe(s) de recherche