Impact des restrictions alimentaires sur la maturation cérébrale dans les troubles du neurodéveloppement - Fondation de la recherche pédiatrique
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LE CONTEXTE

Les troubles alimentaires sont fréquents et envahissants chez les enfants présentant des troubles du neurodéveloppement (TND). À titre d’exemple, plus de 70 % des enfants autistes présentent des particularités alimentaires, majoritairement non adressées dans les prises en charge cliniques standards.

La fréquence et le retentissement de ces difficultés chez les patients et leurs familles au quotidien ont conduit récemment à la caractérisation d’une entité diagnostique spécifique appelée ARFID (Avoidant Restrictive Food Intake Disorder, ou Trouble de l’alimentation restrictive évitante). Le diagnostic d’ARFID est caractérisé par des prises alimentaires limitées en quantité ou en variété, liées à un manque d’intérêt pour la nourriture, une peur des conséquences, ou une hypersensibilité sensorielle.

Les liens entre l’ARFID et l’autisme sont de plus en plus documentés, qu’il s’agisse des profils cliniques (hypersensibilités sensorielles, rigidité, anxiété), des facteurs génétiques partagés ou encore des mécanismes neurobiologiques sous-jacents. Toutefois, l’impact de ces particularités alimentaires sur la maturation cérébrale dans cette période critique de développement est peu étudié.

LE PROJET

Ce projet cherche à mieux comprendre comment les restrictions alimentaires impactent la maturation cérébrale, en particulier chez les enfants avec TNDs, afin d’identifier les profils les plus vulnérables et d’adapter plus précocement les interventions cliniques.

Les chercheurs recruteront 50 enfants âgés de 6 à 13 ans, suivis au CHU Sainte-Justine, présentant un diagnostic d’ARFID et/ou de trouble neurodéveloppemental, ainsi qu’un indice de masse corporelle bas. La maturation cérébrale sera étudiée à l’aide d’une imagerie par résonance magnétique (IRM), permettant d’analyser la structure et le fonctionnement du cerveau.

Le projet permettra ainsi d’examiner l’impact de l’âge de début des restrictions alimentaires sur le développement cérébral. Dans un second temps, des données provenant d’une cohorte indépendante porteront l’échantillon total à environ 100 enfants, afin de valider et renforcer les résultats.

OBJECTIFS ET IMPACT POTENTIEL SUR LA SANTÉ DES ENFANTS

Ce projet permettra :

1) d’objectiver le retentissement cérébral des troubles alimentaires restrictifs dans les TND ;

2) d’identifier les enfants les plus à risque de perturbations de la maturation cérébrale ;

3) de justifier des interventions nutritionnelles et sensorielles précoces dans les cliniques destinées aux jeunes autistes ou ayant un TND.

À terme, ces résultats pourraient transformer la prise en charge des restrictions alimentaires en pédiatrie, en les considérant non plus comme un symptôme secondaire, mais comme un facteur de risque modifiable du développement cérébral.

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Chercheur.se principal.e

  • Clara Moreau, Professeure-chercheure adjointe au département de Psychiatrie et d’Addictologie de l’Université de Montréal

Collaborateur.trices

Centre de recherche

  • Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

Année

2025-2026

Axe(s) de recherche

  • Neurodéveloppement et santé mentale